L'équilibre est mouvement. 

 

D’un fil l’autre, d’un poids à un autre, le mobile se construit. Bois poncé fin, suspendu, du bout des doigts je trouve le point de balance.

Détachée de son tronc, la branche horizontale se fait fluide, toute de grâce et de délicatesse. L’objet lourd et plein défie l’apesanteur, la plume refuse l’envol.  

Au bout du fil l’équilibre répartit la mesure. Un mobile : une danse qui s’invente quand le moindre souffle d'air dérègle, transforme, métamorphose.

 

Parfois, un petit miracle surgit, inattendu, comme un cadeau. Le mobile se libère. Le changement est léger. Si léger que ni les yeux, ni la main n’y peuvent rien. Il est là, juste : le souffle de vie. Et le souffle d’air lui-même n'est plus nécessaire. 

 

Le Yi Jing m’a trouvée là : émerveillée par le ballet du mouvement et de l’équilibre. 

 

Le Yi Jing vient du pays du Dragon : de la Chine antique. Dans ses plis, il tient la règle immuable de l’équilibre Yin-Yang : tout est mouvement. Au bonheur, c’est-à-dire au « hasard » de ses traits les cycles naissent, se transforment et disparaissent. 

Le Yi Jing est le socle de la pensée et de la philosophie Chinoises. Carré et stable, comme ses idéogrammes, il ouvre la vision. Il  dit que ce qui rend la vie difficile, c'est la résistance aux mouvements, la surdité au flux du monde. D’un tirage l’autre, il nous explique que vivre notre vie, c'est être en phase avec ses mutations, les voir, les entendre, les comprendre. C'est être dans le mouvement et être le mouvement.

 

 

 

Mobiles et Yi Jing racontent la même histoire : le parfait équilibre est mouvement. Le mouvement est la vie même. Et la vie est liberté.

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